La Prohibiton (1920-1933)et l'avenement d'un Grand Al Capone

La Prohibiton (1920-1933)et l'avenement d'un Grand Al Capone
Au cours de la période de la prohibition de l'alcool aux États-Unis (entre 1920 et 1933), le crime organisé connut un essor sans précédent. L'augmentation fulgurante de ses revenus, sa structuration quasi-industrielle rendue nécessaire par le développement des activités ont façonné le visage de la mafia italo-américaine tel que nous le connaissons aujourd'hui et considérablement accru sa puissance et son influence.

AL CAPONE

Al Capone, de son vrai nom Alphonso Capone (et non Caponi), est né le 17 janvier 1899 à New York, dans le quartier de Brooklyn. Adolescent, il rejoint la bande des Brooklyn Rippers, puis celle des Forty Thieves Juniors. Plus tard, on le retrouve à Manhattan, dans le gang des Five Points dirigé par Frankie Yale. Celui-ci l'engage comme barman et videur dans son bar le « Harvard Inn ». C'est au cours d'une dispute avec un client qu'il reçoit sur la joue le coup de rasoir qui lui vaudra son surnom de « Scarface », « le balafré » en français.

En 1918, il épouse une irlandaise du nom de Mary Coughlin. Il commet au moins deux meurtres avant de partir s'installer à Chicago où il se met au service de Johnny Torrio, un patron de la pègre. En 1922, ayant fait la preuve de ses bonnes dispositions, Capone devient le bras droit de Torrio.

En 1925, Torrio est grièvement blessé au cours d'une fusillade et décide de prendre sa retraite dans son Italie natale, abandonnant les commandes à Capone. La guerre impitoyable que celui-ci livre alors à ses adversaires Bugs Moran et Hymie Weiss, ainsi que l'instauration, sous sa férule, d'une corruption organisée des autorités locales lui assurent une renommée internationale.

Al Capone a surtout laissé un nom dans l'histoire du grand banditisme pour avoir été, de 1925 à 1930, au plus fort de la Prohibition, le patron de l'industrie du vice à Chicago. Il a amassé une fortune immense (ses revenus annuels ont atteint 100 millions de dollars de l'époque) grâce à l'exploitation de speakeasies (bars clandestins), de tripots, de bordels, de boîtes de nuit, de distilleries et de brasseries et à ses activités dans le milieu hippique. Ses méthodes d'intimidation étaient telles que, faute de témoins à charge, il ne fut jamais poursuivi, même pour des crimes notoires.

Al Capone est l'instigateur du massacre de la Saint-Valentin (« Valentine massacre ») (14 février 1929), au cours duquel il fait abattre les hommes de l'un de ses principaux adversaires, Bugs Moran. Ce dernier qui s'était arrêté dans un restaurant pour y prendre rapidement un café, échappe à la tuerie, tandis qu'Al Capone, pour sa part, se trouve en Floride.

En 1931, il est condamné pour fraude fiscale, finalement trahi par un train de vie exagérément supérieur à ses revenus officiels.

Le gouvernement fédéral ayant en effet renforcé la répression en matière fiscale, Eliot Ness, agent du Bureau de la Prohibition, secondé de ses fameux « Incorruptibles », ainsi que Frank Wilson, agent du service des impôts, peuvent enfin entrer en action.

Ayant à répondre d'accusations de fraude fiscale et d'infraction aux lois sur la Prohibition, Al Capone plaide d'abord coupable, espérant se tirer d'affaire grâce au paiement d'une caution. Mais, après le rejet de la requête de l'avocat et l'échec d'une tentative de subornation du jury, l'« Ennemi public N°1 » est déclaré coupable et condamné à onze années de prison, à 50 000 dollars d'amende, et à 30 000 dollars de frais de justice.

Al Capone est d'abord envoyé dans une prison d'Atlanta d'où il peut continuer à gérer ses affaires, avant d'être transféré dans la célèbre prison d'Alcatraz, soumis à un régime très sévère et placé à l'isolement.

En raison de la fin de la Prohibition et de l'absence de son chef, l' Empire qu'Al Capone a édifié est englouti par ses successeurs. Mal soigné d'une syphilis et ne représentant plus une menace, il est relaxé en 1939, et libéré. Le 21 janvier 1947, alors qu'il vit en Floride, il est victime d'une apoplexie, probablement liée à sa syphilis, et perd connaissance. Il reprend connaissance mais est victime d'une pneumonie, le 24 janvier de la même année. Il meurt le lendemain, victime d'un arrêt cardiaque.

Al Capone est d'abord inhumé sur le Mount Olivet Cemetery à Chicago, auprès de son père Gabriele et de son frère Frank.

# Posté le jeudi 07 décembre 2006 09:53

Modifié le lundi 23 avril 2007 12:14

Le cinema et la mafia

Le cinema et la mafia
La Mafia c'est toujours interresser au cinéma ou plutot le contraire. Avec scarface (d'Howard Hawks) ressemblant etrangement a l'histoire d' Al Capone, de la trilogie du Parrain et j'en passe des meilleurs. Des acteurs sont devenus des icones de gangsters comme al Pacino, Joe Pesci ou De Niro. La pornographie à ces débuts fut aussi produite par des patrons de la pègre, je pense évidement au célèbre "Deep Throat" qui rapporta à l'époque 600 millions de dollard...

Ma dvdthèque:

-La Mentale, avec Sami Naceri
**
-Le Parrain, avec al Pacino et De niro
*****
-Il était une fois en amérique avec De niro
*****
-Borsalino avec Delon et Belmondo
***
-Les Affranchis avec Ray Lliotta, De Niro.
*****
-Casino avec De Niro et Joe pesci
*****
-Le Grand Pardon avec roger Hanin
**
-Les anges de la nuit
**
-Scarface
****
-Les Princes de la Ville
****
-L'impasse
***
-Blow ***
-Donnie Brasco ***
-Il était un fois le Bronx **

Les affranchis ci-contre

# Posté le samedi 09 décembre 2006 08:57

Modifié le mardi 23 janvier 2007 10:26

Le début de la mafia en france (voir le film Borsalino)

Le début de la mafia en france (voir le film Borsalino)
L'histoire de Paul Carbone et de Francois Spirito débuta à Marseille dans les années 30 et fit trembler les autorités locales..

Paul Carbone (Paul Bonnaventure Carbone), né en Corse, est une figure du milieu marseillais des années 20, 30 et 40. Lui et son associé italien François Spirito inspireront le film Borsalino qui réunit Alain Delon et Jean-Paul Belmondo.

Les deux hommes se sont rencontrés en Egypte et y ont monté un mini-empire basé sur la prostitution. À Marseille, Paul Carbone a été l'homme fort de la ville pendant 20 ans, étant lié à des politiques, possédant de nombreuses maisons closes, rackettant à tour de bras sur toute la côte, et faisant de la contrebande de parmesan (sic) entre l'Italie et la France.

À Paris, le caïd marseillais est tout aussi connu, possédant de nombreux intérêts dans plusieurs établissements. Carbone et Spirito ont aussi été les premiers français a importer de l'opium en France pour le transformer en héroïne et l'envoyer aux Etats-Unis. Les bases de la French Connection...

Dans l'entre-deux-guerres, Carbone et Spirito font alliance avec Simon Sabiani, le maire de Marseille. Après le 6 février 1934, les hommes de Carbone sont lancés contre les dockers en grève.

Pendant la guerre, les deux hommes se rangeront du côté de l'occupant, par intérêt. Ils aidèrent la Gestapo pendant toute la durée d'occupation de la "zone libre", en échange de quoi on fermait les yeux sur leurs affaires.

Paul Carbone mourut en 1943 dans un sabotage de la Résistance, sa voiture ayant été percuté par un train que la résistance avait fait déraillé. Ayant les jambes sectionnés, Paul Carbone agonisa pendant de nombreuses heures avant de rendre l'âme, une cigarette à la bouche.

Son associé François Spirito s'enfuira en Espagne puis en Amérique du sud à la Libération et s'adonnera au trafic d'héroïne jusqu'aux années 60, se plaçant en tête des trafiquants internationnaux.

L'affiche du film Boraslino de Jacques Deray ci-contre

# Posté le samedi 09 décembre 2006 09:06

L' ascension des Guérini résistants et gangsters

L' ascension des Guérini résistants et gangsters
Les Débuts des Grands

Originaires du village de Calenzana, en Corse, aîné d'une famille pauvre de septs enfants (six garçons et une fille), Antoine Guérini voit pour la première fois le sol continental à l'âge de 15 ans. Il part pour Marseille et trouve une place de serveur dans un bar de voyous. Dans le début des années 1930, il fait venir ses frères Francois et Barthélémy Guérini dit Mémé. Puis rejoint par Pierre, Pascal, Lucien et Restitude qui a toujours pris une part active par la suite aux décisions du clan.

Dans les années qui suivirent, les Guérini commencèrent à s'implanter solidement dans le Marseille nocturne. On les connaît pour leur bonne mentalité et leur droiture, à une époque où l'entourloupe était de mise dans le Milieu. Antoine se démarque notamment par sa froideur, son mutisme et son impulsivité.

Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, Mémé devenu le bras droit d'Antoine et ils ne vont cesser d'élargir leur empire, possédant des établissements dans le sud. En plus du proxénétisme, le clan Guérini touche aussi à la politique, du côté des socialistes.

Des gangsters résistants

Pendant l'Occupation, les Guérini penchent plutôt pour la Résistance, Antoine cependant reste affairiste et combine parfois opportunément avec l'occupant. Mémé, lui, est on ne peut plus engagé : il organise des raids, prend part aux combats et noue beaucoup de liens avec de futurs hommes politiques, notamment Gaston Deferre. À la fin de la guerre, les Guérini ont le champs libre : les « parrains » marseillais, Paul Carbone et François Spirito, ont quitté le terrain (l'un mort et l'autre en fuite). De nombreux autres voyous sont aussi en fuite, par peur des représailles suite à leur collaboration (non-idéologique mais économique) avec les nazis. Les Guérini prennent alors beaucoup de terrain sans qu'on ne leur résiste, autant dans le sud que dans la capitale.

L'empire marseillais

Les Guérini vont alors être littéralement propulsés au sommet : l'ex-commissaire de la DST Robert Blémant s'allie à eux en 1945 et leur permet d'aggrandir encore leur empire, et en 1947 le candidat des Guérini, un certain Gaston Deferre, est élu maire de Marseille. Les Guérini sont puissants, à la tête d'un empire et chefs d'une véritable armée de gangsters, on les craint et les respecte à la fois. De part leurs relations, ils sont des intouchables. Dans tous le sud-est de la France, aucune affaire ne leur échappe, et les colonies ainsi que Paris ne leur sont pas inconnus.

Si Mémé Guérini s'écarte quelque peu du Milieu pour se rapprocher du grand monde, Antoine Guérini reste un pur bandit, continuant de fréquenter les établissements des truands. La CIA fait appel à ses services pour tenir le Vieux-Port, le clan se lance avec succès dans la contrebande de cigarettes à grande échelle, ainsi que dans le trafic internationnal de héroïne, en collaboration avec le plus puissant des parrains new-yorkais, Lucky Luciano, la French connection prenant le contrôle du marché américain pour plusieurs années. Certains évoquent même l'implication d'Antoine Guérini dans l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy

Les jeux et la chute

À la fin des années 50, Antoine Guérini se lance dans le secteur des jeux, à Paris, conseillé par Robert Blémant. Il y perd des sommes colossales, persuadé que Blémant y est pour quelque chose. En 1965, après de vifs débats au sein du clan, Robert Blémant est abattu par deux tueurs. Mauvais choix de la part du parrain de Marseille : Blémant était un pilier du Milieu hexagonal, et on le respectait autant qu'il était utile aux grands pontes. La quasi-totalité du Milieu désaprouve cette action, et les appuis politiques des Guérini se mettent à les lâcher petit à petit. Les deux assassins seront à leur tour abattus.

Et le 23 juin 1967, alors qu'il faisait le plein de sa Mercedes avec son fils, Antoine Guérini est abattu de onze balles tirées par un tueur casqué accompagné d'un motard. Des hommes envoyés pour venger Blémant ? Plus ou moins. La rumeur désigne ouvertement le jeune mais prometteur Tany Zampa et son acolyte Jacky le Mat, deux futurs stars du milieu, d'être les auteurs du crime. Les deux hommes avaient d'ailleurs travaillé avec Robert Blémant. Mais c'est probablement l'obstacle à leur ascension que représentait Antoine Guérini qui les a poussés à agir.

La même année, Barthélemy Guérini (Mémé), François Guérini et Pascal Guérini sont arrêtés pour meurtre. Pascal meurt en prison et Mémé est condamné à vingt ans de prison. Il mourra d'un cancer en 1982, dans une clinique de Montpellier.

Les deux frères Mémé et Antoine Guérini ci-contre

# Posté le samedi 09 décembre 2006 09:15

Modifié le jeudi 26 avril 2007 17:00

Gaëtan Zampa alias "Tany", le roi de Marseille

Gaëtan Zampa alias "Tany", le roi de Marseille
Tany Zampa, de son vrai nom Gaëtan Zampa (ou Gaëtano) dit « Tany », mais aussi « Gaï » ou « Don Gaëtano », est né le 1er avril 1933 à Marseille, dans le quartier du Panier.

C'est un parrain du milieu marseillais des années 1970. Il est soupçonné d'avoir commandité l'assassinat de Pierre Goldman pour le compte des GAL espagnols et serait le meurtrier d'Antoine Guérini, pour venger la mort de Robert Blémant.

Gaëtano Zampa a de qui tenir : son père, Mathieu Zampa, né en 1902 à Naples, est un voyou respecté dans la ville. Il a commencé dans les années 1930 sous Paul Carbone et François Spirito, puis s'est rangé du côté des Guérini après la Libération, comme la plupart des marseillais de l'époque. Mathieu Zampa a été le propriétaire du bar de la Ruche, et a trafiqué à Saïgon, notamment les piastres, en 1950. Dans les années 60, il part à Dakar exploiter un night club. Il reviendra à Marseille en 1972 et mourra l'année suivante.

Autant dire que Tany a grandi avec le Milieu et connaît parfaitement son parfum. Lorsqu'il débute dans le métier comme maquereau, vers 1950, dans le quartier Saint-Lazarre, tout le monde le connaît. À vingt ans, il travaille dans le service d'ordre de Gaston Defferre. À même pas vingt-cinq ans, il tient déjà un hôtel, le Réal. C'est un flambeur, il aime montrer sa richesse, tout en évitant d'irriter les anciens de la ville. À Marseille, des caïds comme Antoine Guérini, Robert Blémant ou Paul Mondoloni l'apprécient.

En 1955, il monte à Paris en même temps que la "Bande des Trois Canards", dont il connaît certains membres grâce aux Italiens du quartier du Panier (le noyau dur de la bande, environ dix personnes, est composé essentiellement d'Italiens).

L'équipe, qui a commencé en Côte d'Azur, a décidé de se lancer dans le racket d'hôteliers parisiens (en plus d'être des racketteurs, les membres de la bande donnent aussi dans le casse, le proxénétisme, le jeu...). Beaucoup de voyous de la capitale commencent à cotoyer cette bande, et pas n'importe lesquels. Ils sont parmi les plus durs : Joseph Brahim Attia (dit Jo Attia), Georges Boucheseiche (au centre de l'affaire Ben Barka), Jean Palisse...

Tany Zampa, qui connaît déjà très bien le Milieu, est désormais rôdé pour un tas d'activités. À Paris, il apprend à connaître des voyous violents, il les fréquente et s'habitue à leur attitude. Il est lui-même un nerveux, un "excité".

Les pressions policières ne font qu'aggraver les choses. Surtout à partir d'octobre 1981, date de l'assassinat du juge Pierre Michel, pour lequel Zampa est immédiatement soupçonné. À partir de cette date, Zampa est sans cesse surveillé, ce qui limite fortement son influence et son contrôle du crime marseillais.

En octobre 1983, Gilbert le Libanais, acolyte de Zampa spécialisé dans le monde de la nuit, est descendu. Le clan Zampa est sûrement l'auteur de cette assassinat, n'ayant pas supporté l'éloignement du Libanais par rapport au clan et son ambition d'enrichissement solitaire. La police met la main sur sa comptabilité et y découvre des affaires louches auxquelles sont liés Tany Zampa, sa femme, son avocat, et de nombreuses autres personnes parmi lesquelles figure Pascal Lavie. En novembre 1983, ils sont tous arrêtés.

En prison, Zampa sombre lentement dans la folie. À l'intérieur des murs tout comme à l'extérieur, le monde des voyous s'amuse à surnommer l'autoproclamé "parrain à l'italienne" la "marraine" ou encore la "balance". Les 20 et 22 juin 1984, il tente vainement de se suicider. Et le 23 juillet, malgré une condamnation ne pouvant atteindre au maximum que cinq ans de prison, Tany Zampa se pend dans sa cellule des Baumettes. Et la trachéotomie tentée par son voisin de cellule avec un couteau n'a rien arrangé. Zampa meurt finalement le 16 août 1984 à 51 ans, aux termes d'une lente agonie.

Néanmoins, d'anciens fidèles de Zampa s'étant fait plus discrets que d'autres vont continuer leur route dans la criminalité pendant un certain temps, notamment Jean Toci, qui sera assassiné en mai 1997 à Istres

# Posté le samedi 09 décembre 2006 09:20

Modifié le mardi 17 avril 2007 14:28